mercredi 20 avril 2011

Double noeud coulant

Perhentian nous aurait presque fait oublier le goût et l'appel du large.
Voyager pourrait être aussi savoir s'arrêter. Voyager pourrait être aussi savoir repartir. Les deux à la fois.
Nous dessinons une approximative boucle, dont les nouveaux points de crochets seront l'immense, insondable et emblématique Taman Negara. Un fleuve immense et boueux trouent une jungle totalement préservée, des rivières, des cascades aussi. Dans le calme village Kuala Tahan, les épiceries ressemblent à des échoppes russes aux pires heures soviétiques. Ici, la nature reprend ses droits, et de concert les moustiques et les sangsues. Ici, on touche un territoire hostile et vierge, ici on vient grimper avec humilité des collines, s'emmêler les pieds aux racines, toucher la canopée ; ici on vient regarder les lianes enlacer des arbres centenaires et gigantesques ; ici on vient tenter d'apercevoir des espèces rares. Je ne suis douée ni pour la faune, ni pour la flore. J' apprécierai en densité. S'enfouir dans la jungle, pour mieux jauger de sa petitesse. C'est le bloc, l'ensemble que je retiens, plus que le détail.

Nous dessinons une approximative boucle, un nœud peut-être. KL capitale de nouveau, vite, en transit, où nous rencontrerons de belles âmes. Redouane, sachant survivre aux chutes, et qui aurait surement tant à m'apprendre, du civet de lapin aux massages. Avec lui Lake Garden, le vert urbain, la grande mosquée en robe mauve de confrérie, celle des non-musulmans, et les oiseaux. Les aigles emboutissent les poussins, les paons paradent les chouettes, les perruches me démêlent les cheveux ou l'inverse, les perroquers parlent a l'envie, les love birds simulent le secret en me grattant l'oreille. Et je souris. Bizarreries des espèces. Dans la proximité, s'apprivoiser.

Dans le retour à un premier point de chute prendre ses marques, la guest house, à l'écart des grands flux touristiques recelle de magnifiques bergers, mes belles âmes de tout à l'heure. La patronne est un ange qui connait tous nos prénoms, et nous offre barbecue et salades, la patronne est un démon qui cède à la fièvre des samedis soirs. Et le vieux finlandais est toujours là.

Fatiha et moi prendront des chemins différents. Elle, Singapour et son tendre lover.
Quant a moi, un crochet vers le sud proche. Melacca, Malacca. L'orthographe hésite, peut-être parce que le détroit fut un joyau convoité par beaucoup – Portugais, Hollandais, Anglais... -, une route maritime qui me ramènerai sur les traces de Corto Maltes et des pirates. Tous les aspirants et conquérants laisseront une empreinte dans la vieille ville. Tombes flamandes, places portugaises, flegme anglais. Ce qui resterait d'influences se retrouve dans le créole de la cuisine. Malacca sent le port comme Marseille. Malacca se dresse comme une vieille grande, fière encore et têtue.
J' hanterai longtemps les marchés nocturnes et m'aventurerai loin la nuit tombée le long des quais. Remonter avant la mer, remonter les origines, suivant loin dans les terres la rivière.
Je gouterai la charité bouddhique avec une singapourienne (ce qui sonne étrange) légèrement timbrée. Alors donc, on m'offrira à moi, comme aux pauvres et aux hashers (coureurs buvant beaucoup de bière, le plus souvent flamands, travestis ou parrés de rouge dont le rituel de la course annuelle me reste incompréhensible), le riz, l'ananas et le thé.

1 commentaire:

  1. no puedo escribir mientras me haces reir, ok?
    eres una increible novia instantanea. y no conduzcas mi carro nuevamente por favor, que a cada curva me da un infarto, je adore el riso de cabello que cae sobre tu oreja izquierda.

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