mardi 19 avril 2011

Perhantian Islands

Perhentian Islands.

Glissant d'une île à l'autre. D'est en ouest. De Penang à Perhentian.

Mer agitée ce jour où nous débarquons sur la jetée de Kecil.
Nous savions peu de l'endroit, moins les poncifs plage, soleil, plongeons et plongées.
Nous aimerons dès le premier regard. Nous perdrons notion de temps et de durée tant l'endroit s'avère apaisant et spectaculaire à la fois.
Sable blanc posé sur le bleu turquoise de la mer de chine occidentale. Pas de route, pas de voiture, seulement quelques chemins serpentent la jungle. Et des bateaux taxi à héler en cas de paresse.

Notre bungalow a quelque chose de délabré. Peu importe. Les geckos et monitalisas y élisent domicile, le singe Meelo mordille et caresse, les chats lézardent. La vue, le bruit et l'odeur de la mer l'emportent. Il ne sera pas question de faire beaucoup, juste d'être là. De lézarder à l'ombre ou au soleil. De patauger en masque palmes et tuba, de flotter avec les poissons et de s'entendre respirer, binaire rassurant. Dans ces randonnées subaquatiques tomber sur des merveilles, des centaines de poissons, des coraux, des oursins, des tortues et des requins. D'hésiter longuement sur le poisson grillé du jour, barracuda, red snapper, blue marlin ou... requin. De marcher pieds nus tout le temps, en évitant les fourmis. De ne pas vouloir se relever des abysses et du balancement d'un hamac. De regarder les réparations minutieuses du bateau et sa mise à l'eau comme une renaissance. De plonger du bas du phare. De déranger les méduses. De bouquiner en jetant un œil distrait sur les parties de foot, la sueur qui colle aux corps. De saisir des instants : une tortue vieille de 100 ans timidement débarquée sur la plage disparaître dans les profondeurs d'où elle était venue, le chant fredonné du marin dans sa barque, l'arrivée d'un nouveau groupe électrogène comme un évènement d'ampleur. D'explorer lentement les chemins de l'île, ses beautés cachées, ses araignées géantes postées à l'entrée du village de pêcheurs telles des vigiles, et les toiles comme des forteresses. De s'égarer un peu, par étourderie, sur le chemin du retour dans les méandres de la jungle, de craindre que la nuit ne tombe trop vite. De se demander longtemps pourquoi et comment la queue des lézards repousse. De contempler, songeur, l'avertissement « beware of coconuts » et se dire qu'il n'y aurait que cela à penser. D'apprécier une pluie, comme un bon café, court(e) et fort(e), et l'odeur qu'exhume la terre après sa douche. De sentir l'eau froide lavant nos corps salés et sablés. De prendre les maisons pilotis en modèle et prendre sur nous-mêmes une symbolique hauteur. D'aimer quand le bateau tangue. De se perdre dans les sacs et ressacs de la mer. De sentir la puissance du courant, son entrainante musique. Une nonchalance telle que la célébrait le vieux Salvador. « Dans mon île », bien tranquille.

La disponibilité crée les rencontres.
Plus difficile à résumer, recentré autour du Moonlight, notre maison, et de ses saisonniers résidents.
Zack. Tournant autour de la cinquantaine, quelques tourbillons de vie derrière. Charmeur avec toutes. Pas spécialement beau. Menteur, joueur, jaloux. Faignant, affable. Tout cela à la fois. Spécialiste des traitements spéciaux. A qui je n'ai pas refusé quelques vodkas-ananas sur son balcon, ni un baiser, ni les bijoux de pacotille qu'il m'offrait, ni...
Jimmy. Quart malais, quart indien, quart chinois, quart thaï. Quatre quarts plus succulent que le gâteau. Timide dans le clin d'œil et le sourire. Resplendissant, sérieux, distant d'abord, sculpté, sûrement jeune. Et qui au détour d'une dernière nuit se laissera approcher. On a du se parler de trop près pour ne pas finalement s'embrasser. On devait trop aimer la jetée pour ne pas s'y poser. Il y a des desserts à ne pas refuser.
Au petit matin, je ne le réveillerai pas, honteuse de les avoir posé en rivaux. Maladroite quand je ne suis pas timide.


Une semaine, nous quittons à rebours le paradis.
Un paradis qui vire à l'enfer en temps de mousson. Et il est vrai que l'île porte quelques cicatrices. Comme sous l'emprise de la force de Coriolis, nous aurions refusé de le voir.
















2 commentaires:

  1. Note. Le texte est pret depuis longtemps. Je renonce a attendre les photos de Fatiha. Trop occupée, par un certain Alberto del Rio. Les lovers viennent de se retrouver. Je commence a faire route a part. Fatiha, quand tu auras les mains libres...

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  2. Hello les Belles,
    Jolis récits qui même sans photos, me font voyager- un peu- à vos cotés!
    Prenez soin de vous :]

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