mardi 26 avril 2011

Aoteraoa

Aoteraoa

Caprices d'une géographie intime.
Je ne sais plus exactement ce qui nous fit choisir la Malaisie.
Je ne sais pas tout à fait non plus ce qui nous fait continuer via la Nouvelle Zélande.
Tasman et la Baie des assassins, les Maoris, le capitaine Cook, ces oiseaux qui n'ont pas pris la peine de voler, kiwis et d'autres... Mieux que les aventures du club des cinq. Le bout du monde. Peut-être.

Secouée encore de tremblements, Christchurch est froide, battue par les vents, triste, son centre interdit, les maisons balayées ou éventrées sporadiquement. Difficile de comprendre pourquoi l'une a tenu tête et pourquoi l'autre abdiqua. Difficile a comprendre en général. Aléatoire. Quasiment cruel.

Garder de ce transit, le cœur gros des vieux frères qui tiennent l'auberge, gros de peine et de gentillesse. Plus un arc en ciel aperçu de la jetée alors que le vent, la pluie cinglent, et cette impression de pouvoir s'envoler.
Étrange de commencer par une ville qu'il faut fuir.

Une fois passée l'indigestion de Fish and Chips et les préparatifs, nous partons. Nous: Fatiha et moi, Thomas en sus. Triangulaire temporaire. Il m'est indécent de crever trop longtemps leur intimité retrouvée. Et inversement.

Automne. Rouges et jaunes colorent les arbres. Pluies intermittentes. Fraîcheur.
L'idée du camper-van est remisée à d'autres printemps. Néanmoins, dès que je prendrai le volant (d'une simple voiture) et les routes à l'envers, un sentiment puissant de liberté surgira. Il est grisant d'être maitresse des trajectoires, de traverser de tels paysages.

Christchurh – Hanmer Spring. Village perché au milieu des montagnes.
Quelques 200 km plus loin.
La brume ne nous empêchera pas d'atteindre un sommet (j'aurai aimé laisser un pluriel).
Le Mont Isabel. Cascades. Sous-bois. Bushs. Neige.
Souvent, me vient à l'esprit Brocéliande. Je ne me l'explique toujours pas. Le souvenir est un mythe.
Mais il y a ces « barbes de vieux » poussant sur des branches et des troncs noirs. Mutant végétal suçant l'arbre (de vie). Du lichen. La symbiose d'une algue et d'un champignon me fascine.
Mais il y a cette forêt qui semble survivre à la foudre, aux feux, aux hommes.
Mais il y a cette forêt surgis de temps immémoriaux.

Et puis les sources. Nager longtemps puis tremper dans des eaux tièdes et médicinales.
Partir un peu neuve, un peu moins ridée. Continuer sur des envies d'eaux, soient-elle froides. Kaikoura, ou l'on ne verra ni baleines, ni dauphins, sinon des colonies d'albatros.
Reprendre la route, des routes. Les aimer encore.

mercredi 20 avril 2011

Double noeud coulant

Perhentian nous aurait presque fait oublier le goût et l'appel du large.
Voyager pourrait être aussi savoir s'arrêter. Voyager pourrait être aussi savoir repartir. Les deux à la fois.
Nous dessinons une approximative boucle, dont les nouveaux points de crochets seront l'immense, insondable et emblématique Taman Negara. Un fleuve immense et boueux trouent une jungle totalement préservée, des rivières, des cascades aussi. Dans le calme village Kuala Tahan, les épiceries ressemblent à des échoppes russes aux pires heures soviétiques. Ici, la nature reprend ses droits, et de concert les moustiques et les sangsues. Ici, on touche un territoire hostile et vierge, ici on vient grimper avec humilité des collines, s'emmêler les pieds aux racines, toucher la canopée ; ici on vient regarder les lianes enlacer des arbres centenaires et gigantesques ; ici on vient tenter d'apercevoir des espèces rares. Je ne suis douée ni pour la faune, ni pour la flore. J' apprécierai en densité. S'enfouir dans la jungle, pour mieux jauger de sa petitesse. C'est le bloc, l'ensemble que je retiens, plus que le détail.

Nous dessinons une approximative boucle, un nœud peut-être. KL capitale de nouveau, vite, en transit, où nous rencontrerons de belles âmes. Redouane, sachant survivre aux chutes, et qui aurait surement tant à m'apprendre, du civet de lapin aux massages. Avec lui Lake Garden, le vert urbain, la grande mosquée en robe mauve de confrérie, celle des non-musulmans, et les oiseaux. Les aigles emboutissent les poussins, les paons paradent les chouettes, les perruches me démêlent les cheveux ou l'inverse, les perroquers parlent a l'envie, les love birds simulent le secret en me grattant l'oreille. Et je souris. Bizarreries des espèces. Dans la proximité, s'apprivoiser.

Dans le retour à un premier point de chute prendre ses marques, la guest house, à l'écart des grands flux touristiques recelle de magnifiques bergers, mes belles âmes de tout à l'heure. La patronne est un ange qui connait tous nos prénoms, et nous offre barbecue et salades, la patronne est un démon qui cède à la fièvre des samedis soirs. Et le vieux finlandais est toujours là.

Fatiha et moi prendront des chemins différents. Elle, Singapour et son tendre lover.
Quant a moi, un crochet vers le sud proche. Melacca, Malacca. L'orthographe hésite, peut-être parce que le détroit fut un joyau convoité par beaucoup – Portugais, Hollandais, Anglais... -, une route maritime qui me ramènerai sur les traces de Corto Maltes et des pirates. Tous les aspirants et conquérants laisseront une empreinte dans la vieille ville. Tombes flamandes, places portugaises, flegme anglais. Ce qui resterait d'influences se retrouve dans le créole de la cuisine. Malacca sent le port comme Marseille. Malacca se dresse comme une vieille grande, fière encore et têtue.
J' hanterai longtemps les marchés nocturnes et m'aventurerai loin la nuit tombée le long des quais. Remonter avant la mer, remonter les origines, suivant loin dans les terres la rivière.
Je gouterai la charité bouddhique avec une singapourienne (ce qui sonne étrange) légèrement timbrée. Alors donc, on m'offrira à moi, comme aux pauvres et aux hashers (coureurs buvant beaucoup de bière, le plus souvent flamands, travestis ou parrés de rouge dont le rituel de la course annuelle me reste incompréhensible), le riz, l'ananas et le thé.

mardi 19 avril 2011

Perhantian Islands

Perhentian Islands.

Glissant d'une île à l'autre. D'est en ouest. De Penang à Perhentian.

Mer agitée ce jour où nous débarquons sur la jetée de Kecil.
Nous savions peu de l'endroit, moins les poncifs plage, soleil, plongeons et plongées.
Nous aimerons dès le premier regard. Nous perdrons notion de temps et de durée tant l'endroit s'avère apaisant et spectaculaire à la fois.
Sable blanc posé sur le bleu turquoise de la mer de chine occidentale. Pas de route, pas de voiture, seulement quelques chemins serpentent la jungle. Et des bateaux taxi à héler en cas de paresse.

Notre bungalow a quelque chose de délabré. Peu importe. Les geckos et monitalisas y élisent domicile, le singe Meelo mordille et caresse, les chats lézardent. La vue, le bruit et l'odeur de la mer l'emportent. Il ne sera pas question de faire beaucoup, juste d'être là. De lézarder à l'ombre ou au soleil. De patauger en masque palmes et tuba, de flotter avec les poissons et de s'entendre respirer, binaire rassurant. Dans ces randonnées subaquatiques tomber sur des merveilles, des centaines de poissons, des coraux, des oursins, des tortues et des requins. D'hésiter longuement sur le poisson grillé du jour, barracuda, red snapper, blue marlin ou... requin. De marcher pieds nus tout le temps, en évitant les fourmis. De ne pas vouloir se relever des abysses et du balancement d'un hamac. De regarder les réparations minutieuses du bateau et sa mise à l'eau comme une renaissance. De plonger du bas du phare. De déranger les méduses. De bouquiner en jetant un œil distrait sur les parties de foot, la sueur qui colle aux corps. De saisir des instants : une tortue vieille de 100 ans timidement débarquée sur la plage disparaître dans les profondeurs d'où elle était venue, le chant fredonné du marin dans sa barque, l'arrivée d'un nouveau groupe électrogène comme un évènement d'ampleur. D'explorer lentement les chemins de l'île, ses beautés cachées, ses araignées géantes postées à l'entrée du village de pêcheurs telles des vigiles, et les toiles comme des forteresses. De s'égarer un peu, par étourderie, sur le chemin du retour dans les méandres de la jungle, de craindre que la nuit ne tombe trop vite. De se demander longtemps pourquoi et comment la queue des lézards repousse. De contempler, songeur, l'avertissement « beware of coconuts » et se dire qu'il n'y aurait que cela à penser. D'apprécier une pluie, comme un bon café, court(e) et fort(e), et l'odeur qu'exhume la terre après sa douche. De sentir l'eau froide lavant nos corps salés et sablés. De prendre les maisons pilotis en modèle et prendre sur nous-mêmes une symbolique hauteur. D'aimer quand le bateau tangue. De se perdre dans les sacs et ressacs de la mer. De sentir la puissance du courant, son entrainante musique. Une nonchalance telle que la célébrait le vieux Salvador. « Dans mon île », bien tranquille.

La disponibilité crée les rencontres.
Plus difficile à résumer, recentré autour du Moonlight, notre maison, et de ses saisonniers résidents.
Zack. Tournant autour de la cinquantaine, quelques tourbillons de vie derrière. Charmeur avec toutes. Pas spécialement beau. Menteur, joueur, jaloux. Faignant, affable. Tout cela à la fois. Spécialiste des traitements spéciaux. A qui je n'ai pas refusé quelques vodkas-ananas sur son balcon, ni un baiser, ni les bijoux de pacotille qu'il m'offrait, ni...
Jimmy. Quart malais, quart indien, quart chinois, quart thaï. Quatre quarts plus succulent que le gâteau. Timide dans le clin d'œil et le sourire. Resplendissant, sérieux, distant d'abord, sculpté, sûrement jeune. Et qui au détour d'une dernière nuit se laissera approcher. On a du se parler de trop près pour ne pas finalement s'embrasser. On devait trop aimer la jetée pour ne pas s'y poser. Il y a des desserts à ne pas refuser.
Au petit matin, je ne le réveillerai pas, honteuse de les avoir posé en rivaux. Maladroite quand je ne suis pas timide.


Une semaine, nous quittons à rebours le paradis.
Un paradis qui vire à l'enfer en temps de mousson. Et il est vrai que l'île porte quelques cicatrices. Comme sous l'emprise de la force de Coriolis, nous aurions refusé de le voir.
















jeudi 14 avril 2011

Penang

Un train. Un peu trop clean. Pas de vendeurs ambulants, pas de bordel, places numérotées, wagons sur-climatisés. Dégât collatéral du développement sans doute. La vie se fige dans l'ordre imposé.

Du paysage, cette répétition : la jungle, une désormais poignée de villages orang asli perdus dedans, et les saignées trop fréquentes des palmeraies : propres, linéaires, donc monotones, matant la diversité à peine entrevue d'une forêt primaire. Dégât collatéral du développement sans doute. La vie se fige dans l'ordre imposé.

Nous quittons la mal aimée Ipoh, sa gare néo-classique, circonvolutions stucs et blanc chantilly pour rejoindre Penang Island.
Classée, Georgetown est magnifiquement délabrée. Chargée. Surannée et superbe. Ancien comptoir, célébrant tolérance et mixité, Chinatown et Little India restent pourtant distincts et ajoutent leurs couleurs sur les restes coloniaux. Saris pourpres, sarongs, épices, musiques bollywood, mourtabak d'un coté. Inextricable fouillis des boutiques chinoises, odeur fumée des poissons séchés de l'autre. Ici, plus qu'ailleurs, on cuisine sur les trottoirs.
Déambuler la ville, lebuh chulia et ses artères. Retrouver des ricksaws. Contempler un arbre à deux faces : l'une tend ses branches au culte bouddhiste, l'autre offre ses ramifications aux hindouistes. Étranges décorations asymétriques, deux hôtels distincts, deux cultures pour un même tronc. Par contre, tout le monde indistinctement pisse derrière, notera pour nous Thierry, que nous avions furtivement croisé, armé de ses yeux bleus perçants et de son fauteuil roulant. Par contre, tout le monde piétine ses racines saillantes.

Plus loin, plus tard, l'appel du muezzin tel un moment de grâce : le chant est beau, poétique. Il est de ses appels dont je ne me lasserait pas, parce qu'ils n'attendent aucune réponse.
Plus loin, plus tard, les cloches sonnent, semblant bêtement marquer le temps, elles sonnent paisiblement les heures de farniente écoulées.

Et j'oublie tant.

Un japonais solitaire et son chapeau vissé, juste entre-aperçu par l'entre-bâillement d'une porte d'hostel, entre deux hésitations. Beaucoup d'entres, je sais, nos antres sont provisoires et nos directions incertaines ; nous vivons de passages. Le suivre discrètement, le recroiser plus tard, lever des yeux timides et bafouiller un sorry/thank you quasi inaudible quand il prendra la peine de me dégager la voie. Je perds ma voix et l'occasion. Et cette connasse d'anglaise qu'il le harcelait de questions. Et comment tu t'appelles? Et où tu vas? Et tu es libre pendant qu'on y est? Je suis timide je vous le dit, les pétasses décomplexées m'emmerdent quand j'ai la primeur trop discrète.

Des bus nous mèneront d'un point à un autre. Parfois portées par la chance, parfois non. Penang Hill nous refusera un funiculaire, fermé pour rénovation, et avec son jardin, sa cascade, sa vue sur la ville. Nous saluerons alors au loin la déesse Miséricorde, du haut de ses 36 mètres. Le gigantisme ne soigne pas tout.
Accepter les temps creux, les choix hasardeux, les heures chaudes, l'ordinaire.
Le lendemain, nous pointons sud, et rejoignons un village de pêcheurs. Le campement bien qu'isolé, est par trop grignoté par une ville nouvelle et affreuse. Nous y croiserons 3 marins sans bateau et les regarderons longtemps lancer le filet, apprécier la qualité des prises que nous n'accepteront pas finalement de manger avec eux, bien que nous l'ayons réclamé. Étrange sans l'ensemble du contexte. Mieux.
Puis Teluk Bahang au Nord. Une excursion dans la jungle, une autre, une différente, une jungle de bord de mer, plus accueillante que celle des Highlands, une rareté au bout du chemin, un lac méromictique, ses deux couches d'eaux douce et salée absolument distinctes. La plage en face. S'arrêter. Bruler. Gouter trop rapidement l'eau de peur que les crocos ne débarquent. On apprendra plus tard que la jolie et timide masse verte et rampante aperçue était un cousin du dragon komodo, relativement inoffensif.
Ne pas se fier aux apparences. 

















 

mardi 5 avril 2011

Ipoh... potame

Ipoh.
Une escale de dernière minute.
Nous aurions pu tailler la route, jusque Penang, jusqu'à « notre ile ».
Pourtant, voyageuses lentes, je serai tentée de dire attentives, nous nous arrêtâmes – le passé simple sied très bien -, dans la petite ville d'Ipoh.
Et là, on a presque tout dit.
Quelques bâtisses coloniales souvent a l'abandon. Le Fedral Malay State, construit en 1906, illustre ô combien. Ex repère de mineurs, de planteurs et de putes, il tombe en miette. Même sa réhabilitation est un leurre.
La vieille ville meurt lentement et la nouvelle reste somnolente.
Le journée plombe, le soleil tue.
Un resto bui-bui resté bloqué dans les 60's rejoue ce développemnet coincé dans ses aspirations, redit l'obsolette.
Un vieux bus pour un antique et vénérable temple-grotte bouddhiste : peintures aux murs, bouddhas géants, bodhisattvas, shivas et tout l'attirail des religieux ornements.
Un marché de nuit quelconque, les pomelos trop gros, les ambulants trop chers.
La fanfare répète de nuit fenêtre ouverte sur rue. La ville prend des couleurs et des odeurs alors, des néons, des lanternes et de la tambouille.
Pourtant, quand je n'aime pas tout à fait, je fais court.







Tanah Rata

 Plus au Nord, nous gagnons la hauteur et fraicheur des montagnes
Tanah Rata est perchée 1520 mètres au dessus du niveau de la mer, sur la seule chaine montagneuse du pays, Cameron Highlands.

C'est un printemps permanent, où les Celsius fleurtent davantage 20 que 30.
C'est la jungle sauvage, où survivent encore quelques tribus.
C'est la campagne ici et là, où vergers et plantations abondent dans une luxuriance domestiquée.
C'est la tentation touristique parfois, les resorts avec golf et piscine envahiront bientôt autant que les bananiers.
Nous élirons domicile dans une petite pension sans âme, à l'écart de la rue principale où les restaurants et agences rabattent le client.
D'abord refusant d'être laissées portées avec le flux des autres, nous partirons explorer la jungle environnante, un chemin taillé à la machette par d'autres, glissant et boueux souvent. Nous passerons les chutes de Robinson, sans même y tremper un doigt de pied, continuant notre chemin étroit dans ce dédale, avec l'angoisse parfois que ne s'agrippe à mes cheveux une espèce rare et vénéneuse d'araignée. Point de morsure envenimée et point d'élixir, juste l'appréhension (la tentation phobique?) à dompter par moment.

Échappées de cet environnement vivant foisonnant bruyant, jusqu'au bout accrochées aux caprices de notre fil d'Ariane que la végétation grignotait sévèrement, nous continuerons dans la campagne, croisant des fermes, cresson dans sa mare d'eau vive, ruches et miel, divers légumes et fruits dont certains nous interrogent encore. Puis, au détour d'un virage, entamant la douce ascension du retour, découvrir une plantation de thé. Nuances de verts. Jeunes pousses ou vieilles tiges. Doux au regard et au palais, finalement attablées sur la terrasse surplombant creux et pleins des plantations.
Enivrées peut-être de cette ordonnée beauté, nous achèverons la sinueuse route, le sourire aux lèvres, et les locaux presque systématiquement salueront les curieuses oisives.


La nuit tombée, devant une feuille de bananier et un festin façon Inde du Sud dévoré, le ventre renflé, nous ronronnons notre fatigue tandis qu'un orage bercerait plus tard notre sommeil.
Le matin suivant, le ciel nous accueille encore chargé des caprices de la veille. Un blanc laiteux.
Il est tôt, la découverte organisée. Quelques curiosités ne s'approchent qu'avec guide.
Un van, un petit groupe: une famille indienne pliée aux caprices de ses deux petites reines, un couple d'allemands austères.
Le Mont Brinchbang. 6666 feet, le chiffre est plus magnétique en utilisant les pieds chers aux anglais. Retenir l'ascension puisque le sommet n'offrira qu'un brouillard épais à contempler.
Retenir le flanc de la montagne sinon sa pointe. Une autre plantation de thé. Plus vieille, plus grande, plus isolée, plus belle encore peut-être. La village des cueilleurs niché dans cette immensité. Reprendre un thé en terrasse et boire la vue panoramique, comme si hier était répétition.
Nous nous prendrons à rêver de prendre racine là, comme ces arbres que l'on taille pour qu'ils donnent plus et mieux.

Il y aura aussi – je suis dans le désordre – la rainforest. Une forêt que l'on jurerait mystique, enchantée ou maudite. Nous pénétrerons ces lisières, foulant son sol spongieux, caressant ses troncs. Rapide leçon de survie en milieu dit hostile ; comment le vénéneux se mue en comestible, comment la fleur carnivore se laisse boire. Savoir des Orang Asli, que nous nous refuserons à visiter ; la rencontre avec l'indigène ne se prévoit pas à heure fixe, avec arrivée en 4x4 et 20 minutes de sociabilisation chrono. La rencontre ne s'organise pas, cela devient démonstration folklorique qui dénature dénature dénature trois fois et le préfixe est de trop. 
Soit, nous terminerons sur une exploration en cage de la faune qui fort heureusement s'était cachée à nos yeux ébahis : scarabées rhinocéros, geckos dragons, serpents dansants, mantes religieuses – la bonne fille qui dévore son partenaire -, papillons drapés de leurs folles couleurs, inopinément mourant.
D'aucuns pourraient objecter que je perds ma logique. La cage dénature. Oui.

Sur nos pieds et dos fatigués s'affairent les doigts experts de masseuses chinoises. Alors que nous soupirons, le ciel pleure de nouveau.

samedi 2 avril 2011

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