Hong Kong, port et havre
La façon de vivre une ville dépend en grande partie de où et comment l'on dort. Clémentine et Christophe, après nous avoir couché à la vodka le premier soir tout en nous expliquant la ville, s'évaporent pour quelques semaines de vacances en nous laissant l'appart, les clés et la libre disposition. Avec un chez soi temporaire, on se sent plus qu'un simple visiteur, un invité en somme, même si sans marque. Plus flashpackers que backpackers. Et cela nous aimons assez. Sans idée de faire durer plus que de raison, mais avec celle de faire briller plus que de raison. C'est un constat qui nous sépare ici des infatigables voyageurs, ceux qui errent les routes sans relâche. Nous étalons le bordel et oublions les sacs une semaine. Se poser, même si ce serait pour mieux repartir. Une idée du confort, une relative possession que renierait les vrais et durs. Parce que non, je ne me crois pas prête a tout abandonner.
La cité n'étouffe pas comme redouté. Si la chaleur et l'humidité plombent,on y respire et on fait peut. On ne courre plus, le temps ne presse pas. Quand l'envie nous prend de nous répandre autrement qu'en cafés et boutiques, nous échappons à l'hyper-concentration en un presque claquement de doigts. Un bus, une montagne franchie, et voilà le bourgeois Stanley village. Un ferry et ce sont d'autres iles – Lantau, Cheung Chau - beaucoup plus aérées, où l'on regardera les bateaux et les rameurs du Dragon Boat festival, où l'on cherchera refuge au soleil dans l'imbroglio des étroites ruelles et du marché permanent, où l'on regardera le grand Bouddha sans gravir ses marches, biaisant plutôt pour le chemin de la Sagesse. Un métro, et c'est le musée d'Art déserté, le « Commun to Uncommun » de Ha Bik Chuen, et «the ultimate south china travel guide", version 19e siècle, retraçant les joies et dangers du voyage à l'heure des guerre de l'opium.
C'est parce que l'on aurait pris cette ville pour la nôtre, que nous n'irons pas jusqu'au Victoria Peak admirer la vue, ni jusqu'aux Nouveaux Territoires. Non, nous pratiquerons des choses aussi simples et ordinaires que faire la cuisine, regarder le câble et Doctor House, prendre soin de sa peau négligée, râper la corne de ses pieds. Se sentir chez soi, avec l'absence d'obligation et d'imposé, et aimer les petites rues de Sheung Wan, notre quartier. Hong Kong est facile, on ne s'y perd pas, on y parle anglais. C'est encore un comptoir, on y transite en s'attardant.
Omissions bien vécues, nous reviendrons de toute façon, une fois ou deux ou plus. HK s'affirme tel notre lieu de rendez-vous. Et nous y reverrons les beaux et doux Pierre et Damien pour manger et ne pas comprendre comment parier les courses de chevaux et pour le plaisir.
"flashpackers"..lol j'aime bcp le concept!
RépondreSupprimerFatiha a ete nomme cette annee Embassadrice officielle du mouvement!
Contemporain du backpacker, le Flashpacker pratique un backpaking modere(voyager/dormir/manger pour pas cher mais avec un minimum de confort qd meme! On ne vit qu'une fois...).
Fatiha! Comment sont les massages a Hong-Kong? Aussi bon qu'en Thailande? :)))
J'avoue...vous me faites qd meme bien envie!
Biz