Hit the road!
Malborough m'a retenu. Si bien reçue, si évident. Pourtant, l'envie tiraille toujours. Voir plus loin. Voir encore. Et encore.
Louer une voiture. Et prendre tous les stoppeurs en route. Les vignobles, les virages, les montagnes, les rivières et torrents de bas-cotés, toutes ces eaux, les vaches, les taureaux, les moutons à la dérobée. Et le soleil dans les yeux.
Sans réelle planification, Saint-Arnaud. Une station essence épicerie, quelques baraques agglutinées en bord de route, des chemins de randos fléchés dans tous les sens, l'air alpin d'inter-saison, quand les hordes ont déserté. Alors, marcher les abords et rives du lac Rotoroa. Y croiser des étudiantes préoccupées par le sens gustatif des oiseaux. Plus tard, j'apprendrai sur leur esthétique. Autre histoire. Confère plus loin, et la plume de kakapo que je dois cacher.
Grimper le Mont Robert à l'heure du crépuscule. Lumières mauves orangées et calme absolu. Un de ces instants parfaits que l'on voudrait retenir. Sereine dans ma solitude.
Hit the road!
Les routes quasi désertes et superbes encore au petit matin. D'autres lumières, et j'ai vu l'aube se lever. Sur Rotoiti, un pêcheur, quelques paumés se réveillent. Pas une once de vent. Le lac est lisse comme un miroir, le soleil salue, les sous-bois humides encore de rosée. Caresser l'eau du regard. Explorer les alentours proches. Partager un café en silence. Sans gêne. Nous n'avions pas besoin de parler. Inutile. Juste graver des images pour ses mémoires propres. Le fond de l'eau. La jetée. Les canards. Le sourire du vieux et son « lovely day, isn't it? ». Les montagnes encaissées au dernier plan. Les vapeurs étirées d'une herbe offerte, juste pour le plaisir de l'échange, du don. Inventer des haltes.
Hit the road!
Reprendre la route en savourant. Lacs et montagnes ce matin, je toucherai la mer ce soir. C'est un Kerouac sans le livre. Une vie mordue.
Motueka trop grand. Takaka mon amour. Trouver là l'endroit et les voyageurs parfaits.
Raghail et Thomas. Thomas un peu plus. Pluriel et singulier. Pupu Springs et ses eaux pures. Le cap puis la pointe de Farewell, l'obsession d'atteindre le bout de la route. Le coucher de soleil puis l'observatoire aux étoiles, allongés sur les dunes. De la Croix du Sud contempler la faussaire, alors que le pinot gris nous ferait monter en philosophie. Tomber pour une voix lactée et une caresse sur la joue.
Hit the road!
Ma solitude de marcheuse m'était précieuse. Abel Tasman National Park. Difficile de raconter des heures de marche avec soi-même, les crickets que je prenais pour des oiseaux, ma transe dans l'effort, les baies et les baies, les plages désertes, les estuaires, les langues de terres, la lumière des sous-bois. Difficile de savoir ce à quoi joue ma tête quand mes pieds gambadent. Difficile... vides et pleins ou approchant.
Hit the road!
Après avoir écrasé un oiseau de mer et évité un possum, après avoir croisé la bière avec les étudiants en géologie, après avoir aimer le spa, la cheminée, le bois et le décor, je pourrai partir. Le goût de l'urgence. Il faut quitter l'Ile du Sud, et piétiner sa sœur. A Wellington retrouver Fatiha et Alex. C'est une nouvelle aube, et je reprend la route, embarquant les stoppeurs le bras tendu vers de nouveaux possibles.
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